CAMINOS DE LOS ANDES vol.1 & 2

 

Luis Rigou : composition, flûtes, chant, charango, guitare et percussions
Alfonso Pacín : réalisation, voix, guitare, violon, charango
Helene Arntzen : réalisation, chœurs et percussions


Musiciens invitées :
Bïa Krieger, Chango Manzo, Minino Garay, Nini Flores, Fulvio Paredes, Julio Arguedas, Alejandro Cordova, Fabrizio Fenoglietto, Franck Monbaylet

Laurent Compignie : ingénieur du son
Diego Pittaluga : photographies

Enregistré au Studio Malambo, à Colombes en 2003


Cette collection est conçue comme des albums souvenirs tirés des carnets imaginaires de mes voyages initiatiques d’adolescent – bien réels – du sud au nord de la cordillère des Andes.
Avec deux amis, mon sac à dos, une « quena » attachée à ma ceinture et pas un sou en poche, j’allais à la découverte d’une énorme variété de rythmes et de genres musicaux, âgés de plusieurs siècles et pourtant bien vivants tout le long de la cordillère des Andes. Depuis Ushuaia, la ville la plus au sud au monde en Argentine et les volcans du Chili austral, en remontant vers le nord dans le territoire de l’ancien empire Inca jusqu’à l’Equateur, la richesse de l’héritage musical est immense comme la cordillère elle-même.
J’ai essayé, dans la composition et tout au long de la réalisation de ces albums, d’oublier l’artiste que je suis devenu et de fermer les yeux pour mieux voir dans mes souvenirs d’adolescent, afin d’être le plus fidèle possible à mes premiers émois musicaux, avec les formes et les rythmes autochtones et, dans les limites qu’impose la liberté de création, de respecter l’esprit et la pureté des cultures des Andes.

Un merci du fond de mon cœur à ceux qui ont rendu possible ce travail : Alfonso Pacín qui m’a accompagné avec son art et ses instruments tout le long de la réalisation, Diego Pittaluga, mon éternel compagnon de rêves et de voyages, Helene Arntzen, compagne dans la vie et dans la musique, Laurent Compignie, le son d’or de presque tous mes albums, Alexandre Lanchon mon compagnon au TAC qui fait que cet album arrive à vos oreilles, et mon dernier merci c’est pour vous, qui en m’écoutant avec votre chaleur, m’avez fait le cadeau sacré d’une vie de musicien.

Luis Rigou


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VOLUME 1


01. SANTOS  (hymne des Andes)  –  Luis Rigou   2’02
Pour cette composition, j’ai choisi la métrique irrégulière et rare du 5/4 inspire du « Tusuy » ; elle est cependant fréquente dans la musique traditionnelle des Andes, riche en changements de mesures. Tous les instruments appuyés par les voix, enrichissent le rythme avec un jeu très percutant, les flûtes tissent la mélodie principale et le contre-chant.

Flûtes : Quena, Moxeño, et 2 Quenachos
Chœur : 2 hommes et 2 femmes
Cordes pincées : 3 Guitares nylon, 2 Charangos, 1 basse
Percussion : 2 Cajones peruanos, 1 Bombo legüero


02.  FIESTA DEL CARNAVAL  (carnaval humahuaqueño)  –  Luis Rigou      3’09
Musique de fête pour danser au rythme du Carnaval.

Solistes: Quena, 2 Violons
Guitare, Charango
Chaschas, clochettes de danse, Bombo


03. TARKAS  (tarkeada)  –   Luis Rigou     2’47
Introduction + Tête de Fugue. La Tarka est une flûte en bois de forme carré, souvent sculpté, de timbre rustique et assez « dissonante » qui se joue dans des « bandas » de au moins une dizaine des flûtistes jouant une famille de Tarkas (tropa de tarkas) de tailles différentes à une quarte de distance entre ses fondamentales.
J’ai composé cette pièce en forme de fugue à 4 voix réels pour Tarkas à la demande de mon maître, Eduardo Egüez, avec aussi une « augmentation » du sujet jouée à la fin par le « Toyo » flute de pan basse de 2 mètres de longueur. Pour mettre en valeur les intervalles propres à l’usage traditionnel de l’instrument (quartes parallèles) nous avons privilégié les harmonies de quartes, de quintes et de secondes plutôt que des tierces ou de sixtes.

Flûtes: famille de 4 tarkas, toyo et bombo


04. MACHU PICHU    (rythme des Andes)  –  Luis Rigou        3’06
Composition instrumentale en trois thèmes, très évocatrice des paysages de la cordillère, sous un rythme dérivé du huayno. Le premier thème est joué par les cordes pincées, le deuxième par toute la famille des flûtes de pan, et le troisième par un duo quena et quenacho et à la fin l’ocarina et le quenacho.

Flûtes: 2 sikus, 2 zancas et 1 toyo (La basse des des flûtes de pan) quena, quenacho, ocarina
Cordes: 3 guitares nylon, 2 charangos, 1 guitare cordes acier, 1 basse
Percussion: bâton de pluie, 1 bombo legüero, chaschas (sabots de chèvre)


05. ILLUSIONS  (version instrumentale de « Ilusiones »)  –  Luis Rigou  1’53

Soliste: kenacho, 2 violons,
Guitare cordes acier, guitare12 cordes, 2 charangos,
Percussion : 2 bombos.


06. OJOS AZULES    (huayno)  Traditionnel Inca   –  arr. Luis Rigou    3’55
Voici l’un de plus beaux et plus connus chants traditionnels de la culture Inca, sa transmission par tradition orale, rends son origine difficile à dater. Chantée dans cette version par la merveilleuse chanteuse brésilienne Bia Krieger .

Bia Krieger : première voix
Luis Rigou : deuxième voix, flûtes, bombo legüero, chaschas, charango, guitare
Nini Flores : accordéon


07. INMENSIDAD     (llamado)  –   Luis Rigou    1’59
Solo de Kena en sol


08. AL GALOPE    (malambo)  –  Luis Rigou        1’33
Al Galope (au galop ) Le rythme de « Malambo » est une dance virile d’hommes ; des gauchos de la Pampa argentine qui prendrait ses origines dans les fameux « canarios » espagnols.
Ici joué par trois bombos et deux quenas, le morceau évoque le son des chevaux lancés à plein galop.

Bombo legüero, et quenas joués par Luis Rigou


09. MARCHA DE LOS MOXEÑOS  (marche processionnelle)  –  Luis Rigou      2’21
Sur un rythme pesant et des arpèges envoûtants du charango, la flûte soliste, le « moxeño » présente le thème qui sera repris en canon par la flûte de pan et commenté par le charango et le violon.

Solistes : moxeño, 2 sikuris. 2 violons, 2 zampoñas, guitare nylon, charango.
Percussion : bâton de pluie (palo de lluvia), bombo legüero.


10. LAMADRID   (bailecito)   –   Alfonso Pacìn           2.37
Le Bailecito (petite danse) avec la classique poly-rhytmie de 6/8 – 3/4. Cette musique de danse gracieuse et innocente, très répandue dans la région du “Collasuyo” (sud de l’empire Inca) crée après l’arrivée des Espagnols en Amérique. Dans celle-ci, composé et joué par Alfonso Pacin, on peut entendre comment le pouce droit de Alfonso, s’amuse avec el « bordoneo » (conduite éloquente de la corde plus grave de la guitare) pendant que le charango, puis le violon « rezongan » (pleurnichent) la mélodie.

Alfonso Pacin : charango, violon, guitare


11. OCARINA    (yaravi)    –    Luis Rigou                 1’28

Flûtes: solo de ocarina
Percussion: clochettes qui s’attachent au chevilles quand on joue en dansant


12. CAYETANO ET LA BALEINE    (huayno)    –     Luis Rigou              1’51

Il s’agit du thème principal du héros du livre disque pour enfants « Cayetano et la Baleine, La Musique Sud-américaine » , que j’ai composé pour Gallimard Jeuneuse.

Luis Rigou : quenacho, quena, bombo legüero, chaschas
Alfonso Pacin : charango, guitare


13. TEMUCO   (llamado)   –    Luis Rigou                2’08
La trutruca est une trompe des Andes, de la culture Mapuche (hommes de la terre ) du sud du Chili, faite en bambou de 2 à 4 mètres et terminée par une corne de vache ou de taureau.
Le son des trutrucas dans la cordillère peut s’entendre à plusieurs kilomètres. J’ai eu l’occasion de l’entendre jouant un appel (llamado), exécuté par des dizaines de mapuches à l’ouverture du marché de Temuco. Les Incas ont un instrument similaire appelé erke.

Soliste: trutruka
Percussion: kultrum, bombo legüero, caxixi


14. MONEDA DE ORO    (carnavalito)   –  Luis Rigou                1’43
Le carnavalito est une danse rythmée très fraîche et populaire, souvent en mode majeur, fille des anciens huaynos et conçu pour être dansé en temps de Carnaval.

Guitares, charangos
Percussion: chaschas (sabots de chèvre attachés)


 15. PISCO   (Rythme de la plaine)    –    Luis Rigou                        2’12
Musique inspirée de l’esprit de la plaine et des ports péruviens où se sont mélangés les deux cultures, Inca et africaine.
Instrumental très festif, les instruments de percussion jouent sur le mélange des rythmes 3/4 et 6/8.

Flûtes : 3 quenas, 1 ocarina
Cordes pincées : 1 charango, 1 guitare basse
Percussion : 1 bombo legüero, 1 cajón peruano, 1 calabazòn, 2 cáscaras (fruit seché de l’arbre Algarrobo)


16. ANTARA (solo de antara)    –    Luis Rigou              1’45
L’antara est une flûte de pan pentatonique constituée d’une seule rangée de bambous.


17. SUR LE CHEMIN DES CIMES     –     Franck Monbaylet                 4’38
Ce thème dans la métrique de 5/4 c’est une composition originale que Franck Monbaylet a fait spécialement pour moi, inspiré par les sonorités de mes flûtes quand nous-nous sommes connus. Magnifique morceau, il est vite devenue une « pièce obligée » dans mes concerts autour du monde. Celle-ci est la première version que j’ai réalisé et enregistré, justement pour ce projet, « Caminos de los Andes »

Luis Rigou : ocarina, siku, tarka, quena en sol, moxeño,
Franck Monbaylet : piano
Helene Arntzen : bombo
Laurent Compignie : basse électrique, charango
Quatuor à cordes


VOLUME 2

01. PONCHO ROJO    (rythme des Andes)    –     Luis Rigou       2’13
Instrumental de danse très festif, avec en alternance deux mélodies simples et bien rythmées.

Flûtes : 2 Sikus, 1 Toyo 3 Quenas,
Cordes pincées : 2 charangos, 2 guitares nylon, basse
Percussion : bâton de pluie (palo de lluvia), bombo legüero, caja chayera, caxixi, chaschas (sabots de chèvre)


02.  INTI U K’JANA (huayno traditionnelle Aymara)  –    Arr. Luis Rigou      2’33
Le huayno est probablement l’un des plus vieux genres musicaux Incas . Celui-ci est anonyme et certainement très ancien. Je tenais à l’inclure dans l’album comme un hommage obligé. Sa mélodie d’une rare beauté, chantée par Alfonso Pacin et Luis Rigou en langue Aymara, laquelle après le Quechua , était la plus répandue dans les Andes.

Solistes 2 Voix, (Luis Rigou, Alfonso Pacin), siku, ocarina.
2 guitares nylon, charango, bombo, calabaza, sonajero de amapola, chaschas, palo de lluvia.


03. KJANTUS A POTOSI      (kjantus)     –      Luis Rigou         1’57
Le Kjantus est une musique presque cérémonielle, traditionnellement jouée et dansée en cercle par un ensemble de flûtistes de pan (« bandas »), utilisant la plus aiguë des flûtes de pan, le « chuli » de 6 cm de taille, au « Toyo », la plus grave de la famille (ses tuyaux peuvent atteindre presque 2 mètres) en passant par le siku, la « zampoña » et la « zanca  ». Dans celui-ci, j’ai imaginé un dialogue entre les deux familles, celle des flûtes de pan et celle des  « Tarkas ».

Flûtes : 2 toyos, 2 zampoñas, 1 siku, et famille de 4 tarkas
Percussion : 2 Bombos, pezuñero, sonajas, caja chayera


04. VIDALA DE BARRO     (vidala)     –       Luis Rigou                3’14
La  «  Vidala  » ou, selon certains, « Baguala », est une forme musicale non-Inca, mais la seule espèce musicale exclusivement Argentine (qui existait dans le territoire de l’actuelle Argentine avant l’arrivée des conquistadores). Il s’agit d’un Hymne, à l’origine tri-tonique, puis pentatonique et enfin diatonique après le XVI siècle. Celle-ci est développée avec deux « sikus » (flûtes de pan soprano) en forme imitative .

Soliste : siku (la plus répandue des flûtes de pan chez les Incas), siku 2 et 3 
2 guitares, 2 charangos
Percussion : bombo legüero


05. ILUSIONES        (chanson)   –     Luis Rigou                2’53
J’ai écrit cette chanson d’amour, inspiré par la modalité discrète et         envoutante de la poésie des incas

Solistes : 2 Voix (Luis Rigou et Alfonso Pacìn), kenacho , 2 violons, 1 guitare cordes acier, guitare 12 cordes, 2 charangos
Percussion : 2 bombos


06. LE CONDOR         (huayno)        –       Luis Rigou                1’41
Voici à nouveau le thème principale du livre disque « Cayetano et la Baleine, La Musique Sud-américaine » (Gallimard Jeuneuse)  mais cette fois-ci joué par le charango  pour illustrer le chapitre du condor.

Alfonso Pacin : charango, guitare
Luis Rigou : charango, chaschas


07. MOXEñO     (solo de moxeño)    –    Luis Rigou        2’29
Le moxeño est une flûte très rarement utilisée, faite de bambou, avec deux chambres d’air avant le bec, ce qui permet de chanter et de jouer simultanément deux mélodies différentes ; c’est justement ce que je fais dans ce solo. Le moxeño peut atteindre les deux mètres. Relativement moderne, les Incas l’ont inventé en même temps que la Tarka, peu après l’arrivée des espagnols, lors de l’interdiction de jouer la kena par le « Virrey del Alto Perù ».


08. LLAMAS      (bailecito)        –        Luis Rigou                     2’34
Ce morceau garde la forme et le tempo du bailecito mais le ryhtme est         presque une « cueca »

Solistes: kenacho, violon, charango, 2 guitares


09. TAKIRARI DEL SOL        (takirari)    –     Luis Rigou               2’13
Le takirari est une musique relativement « moderne » fille du huayno (comme le kaluyo, et le carnavalito) mais avec un tempo plus relevé, pour être dansée par les jeunes. A l’harmonie on devine déjà l’influence espagnole.

Soliste : kena; 3 guitares, 2 charangos, violon, pezuñero


10. FUGA DE LOS CÒNDORES    (tarkeada fuguée)   –  Luis Rigou        2’31
La tarka est une flûte de forme rectangulaire, taillée dans le bois, souvent avec des visages sculptés sur le corps de celle-ci. Le son qu’elle produit est sans doute le plus rugueux et rauque de toutes les flûtes des Andes. Traditionnellement, elle se joue en groupe d’ au moins 4 flûtistes; tarka soprano, alto, tenor et basse. Chacune accordée d’une quarte ascendante (deux tons et demi) par rapport à la précédente. Dans cette « Fuga de los còndores » (fugue des condors) chacune fait le sujet et les contre-sujets d’une véritable fugue à 4 voix réelles. Ensemble elles font le thème qui sert d’épisode à l’introduction, au pont et à la coda finale.

2 « bandas » de tarkas (famille de 4 tarkas), bombos, redoblante de madera, caja chayera


11. BAILECITO DEL FONSO   (bailecito)        –        Luis Rigou        1’56
Le bailecito est un genre musical en tempo de « andantino » avec une mélodie syncopée, douce et reposante, très répandue dans le « Collasuyo » (partie sud de l’empire Inca). La rythmique est un mélange de ¾ et 6/8 ; typique du folklore « alòctono » (celui qui a suivi à l’arrivée des espagnols)  Fonso  » est l’apocope de Alfonso, j’ai voulu ainsi rendre un hommage à l’excellent musicien Alfonso Pacin qui m’a accompagné dans toute l’aventure de cet enregistrement.

Kenacho, charango, 2 guitares, chaschas


12. CERROS INGRATOS    (huayno chanson)    –   Luis Rigou             2’27
Cette chanson je l’ai composé (texte et musique) en quelques minutes par un coup de colère suite à une altercation avec le gérant d’un supermarché parisien, par le triste constat du commerce « inéquitable » qui pratiquent. Elle dénonce les conditions inhumaines que subissent les travailleurs dans les exploitations de café dans les vallées de la Bolivie.

Première voix : Luis Rigou, deuxième et 3e voix : Chango Manzo
Cordes pincées : charango, 3 guitares nylon
Percussion : bombo legüero, chaschas (sabots de chèvre)


13. TILCARA     (Huayno)     –     Luis Rigou           2’01
Trio «  à capella  » entre trois flûtes ; Moxeño, quenacho et quena

Moxeño, kenacho, kena
Bombo


14. LA PAZ       (solo de charango)  –   Luis Rigou             2’24
L’étonnant « charango », est un petit instrument à cordes doubles, fait traditionnellement avec la carapace de la « mulita, ou peludo », (sorte de Tatou sud-américain). Les Incas n’avaient pas d’instrument à cordes, mais après l’arrivée des espagnols ils ont inventé le charango, certainement pour imiter la guitare baroque ou la vihuela. Dans La Paz le charango est joué par Alfonso Pacin, qui l’a appris auprès de Jaime Torres (La Misa Criolla) l’un des plus grands virtuoses de l’instrument. J’ai eu moi aussi, dans mes 20 ans, la chance d’être le soliste de quena de son ensemble.


15. LA CAMPERITA   (milonga campera)    –  Alfonso Pacin           2’27
Dans cet voyage il ne pouvait pas manquer une « campera ». Cette belle milonga composé par l’admirable musicien Alfonso Pacin – né lui-même au cœur de la pampa – décrit parfaitement la phrase de Borges : « Il y a une heure du soir où la Pampa est sûr le point de nous dire quelque chose. Elle ne le dit jamais tout à fait, ou peut-être qu’elle le dit infiniment et nous ne le comprenons pas ou alors, si nous le comprenons c’est quelque chose d’intraduisible, comme une musique…  »

Alfonso Pacin : guitare
Fulvio Paredes : guitare


16. TREN A LAS NUBES     (Solo de Quena)      –      Luis Rigou           1’37
Le mythique  “Train des nuages ” est l’un des plus hauts chemins de fer au monde. Il commence son trajet de la ville de Salta, en  Argentine, à une altitude de 1187 mètres puis traverse le  Valle de Lerma, pénètre dans la  Quebrada del Toro et achève enfin son voyage au viaduc de la Polvorilla (à 4220 mètres). Joué par la quena « en la », dans cette pièce, le jeu en double staccato rappelle les rythmiques du train en marche.


17.   Canto al Silencio    –      Eduardo Egüez         3’33
Voici une composition très originale de Eduardo Egüez pour mon premier ensemble, le Grupo Maïz où nous avons travaillé ensemble pour la première fois. Composée pour être jouée par une « famille » des flûtes de pan.
« Inspirée dans le silence abyssal des hauteurs du plateau andin dans lequel des communautés, suivant des pratiques ancestrales, célèbrent leurs cultes en août à la Pachamama (la madre tierra, déesse mère).
D’un point de vue musical, deux des cinq flûtes de pan développent une sikureada, technique ancestrale andine au moyen de laquelle chaque paire de musiciens-danseurs ou sikuris jouent en alternance les notes d’une même mélodie, comme s’il s’agissait s’un seul instrument. Les trois sikuris accompagnant dévoilent une série d’interventions polytonales qui contribuent à générer une sonorité atmosphérique qui symbolise, en même temps, l’immensité géographique de l’altiplano et le silence historique auquel les formes hégémoniques de penser ont condamné ses cultures millénaires. Javier Marín López, Université de Jaén

5 sikus, toyo et bombo legüero joués par Luis Rigou.


18. Rio Abierto  (huayno)   –  Jorge Milchberg             4’27
Ce beau huayno, je l’ai écouté par première fois au Théâtre San Martin de Buenos Aires, dans une série de concerts d’un ensemble exquis et rare : Urubamba (Los Incas). Il a été composé par son directeur Jorge Milchberg.
Je ai voulu ajouter ma version dans cet album, en souvenir de ces concerts initiatiques de ma jeunesse.

Luis Rigou: quenacho, quena
Julio Arguedas et Alejandro Cordoba : sikus
Minino Garay : bombo et percussions
Laurent Compignie : charango
Fabrizio Fenoglietto : contrebasse